Levallois-Perret est réputée pour ses anciens îlots industriels reconvertis et ses immeubles récents. Pourtant, deux édifices exceptionnels y rappellent une histoire plus ancienne : un château néogothique aux allures anglaises et une villa aux décors orientaux, tous deux protégés au titre des monuments historiques.

Quels monuments historiques se trouvent à Levallois-Perret ?

La ville compte deux édifices protégés au titre des monuments historiques pour leur architecture : le château de l'Hertford British Hospital, rue de Villiers, et la Villa mauresque, nichée dans la villa Chaptal. Deux bâtiments discrets, souvent ignorés des habitants eux-mêmes, mais d'une richesse rare pour une commune de moins de 2,5 km².

Qu'est-ce que le château de l'Hertford British Hospital ?

Au 48 rue de Villiers s'élève un bâtiment que l'on ne s'attend guère à trouver dans les Hauts-de-Seine : un château néogothique d'inspiration anglaise, avec tourelles, pierre de taille et fenêtres à meneaux. Construit entre 1877 et 1879 par l'architecte Paul Ernest Sanson, il a été financé par le richissime collectionneur britannique Sir Richard Wallace, qui lui donna le nom de son père, le marquis de Hertford. L'établissement était destiné à soigner les ressortissants britanniques vivant en France. Ses façades et toitures sont inscrites au titre des monuments historiques depuis un arrêté de 1987 (référence PA00088114). Le château a fait l'objet d'une vaste réhabilitation, récemment achevée, qui l'a transformé en espace de formation et de travail partagé.

Et la Villa mauresque, d'où vient-elle ?

Au 13 bis de la villa Chaptal se cache un autre trésor : une demeure de style orientaliste et Art nouveau, aux murs ajourés de baies en arc brisé, à la céramique polychrome verte et bleue, coiffée d'une tour surmontée d'un dôme et d'un croissant doré. Élevée à la charnière des XIXe et XXe siècles pour le peintre Alfred Frédéric Alexandre Mittenhoff, elle est vendue au ténor Pierre Gaillard en 1892. Selon la base Mérimée du ministère de la Culture, une partie de son décor intérieur proviendrait de matériaux réemployés du pavillon espagnol de l'Exposition universelle de 1889. La Villa mauresque est inscrite au titre des monuments historiques depuis un arrêté de 1993 (référence PA00125466).

Quels autres bâtiments remarquables méritent le détour ?

Au-delà de ces deux protections, Levallois-Perret conserve d'autres traces de son passé. Selon Le Parisien, à l'angle des rues de la Gare et Paul Vaillant-Couturier, l'ancien atelier de torréfaction de la maison Carvalho et Cie garde ses volumes caractéristiques du début du XXe siècle ; rue Trébois, un immeuble de rapport de la fin du XIXe siècle conserve des décors en mosaïque d'origine. La ville fut aussi le berceau de la construction automobile française et des ateliers de Gustave Eiffel, sans oublier l'île de la Jatte chère aux impressionnistes.

La ville protège-t-elle enfin son patrimoine bâti ?

Pendant longtemps, Levallois n'avait engagé aucune procédure systématique de sauvegarde de son bâti historique. La tendance s'inverse : dans le cadre de la modification de son plan local d'urbanisme, soumise à enquête publique en 2025, la mairie a lancé un inventaire du patrimoine immobilier à préserver. Une démarche que Le Parisien décrivait en mars 2025 comme une reconnaissance tardive mais bienvenue d'un patrimoine des XIXe et XXe siècles trop longtemps éclipsé par la rénovation urbaine. Pour les Levalloisiens, c'est l'occasion de redécouvrir une ville plus riche qu'il n'y paraît, entre château britannique, villa orientale et traces industrielles oubliées.

Photo : le château de l'Hertford British Hospital, rue de Villiers à Levallois-Perret. Crédit : Benjamin Dumas / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.