Star du music-hall des années 1930, immortalisée par la valse Le Chaland qui passe, Lys Gauty est née à Levallois-Perret le 14 février 1900. Portrait d'une enfant du pays devenue vedette de la chanson française.

Qui était Lys Gauty ?

De son vrai nom Alice Gauthier, Lys Gauty naît le 14 février 1900 à Levallois-Perret, dans une famille modeste : son père est mécanicien, sa mère couturière. Remarquée pour sa voix dès l'école, elle travaille d'abord comme vendeuse et paie ses cours de chant sur son propre salaire. En 1924, elle débute dans le music-hall chez Fyscher, rue d'Antin, accompagnée au piano par Georges Van Parys, puis se produit à l'Olympia dès 1925. Son mari, le Suisse Gaston Groëner, prend la direction d'une carrière bientôt jalonnée de succès.

Quel est son lien avec Levallois-Perret ?

Levallois-Perret est sa ville natale. C'est là, au tournant du XXe siècle, que celle qui deviendra l'une des grandes voix de la chanson réaliste et à texte voit le jour, dans le Levallois industriel et populaire de l'époque. Un ancrage local que la ville partage avec d'autres figures de la culture nées ou passées entre ses rues.

Quels ont été ses grands succès ?

Les années 1930 marquent l'apogée de sa carrière. Son plus grand triomphe reste la valse Le Chaland qui passe (1933), version française du titre italien Parlami d'amore, Mariù chanté par Vittorio De Sica. La même année, elle reçoit le Grand Prix du disque pour son interprétation de deux airs de L'Opéra de quat'sous de Kurt Weill. Elle triomphe dans les cabarets et les music-halls parisiens, de Bobino (1933) à l'Alhambra (1934) et à l'A.B.C. (1935, 1936), et devient en 1934 la reine des Six Jours au Vélodrome d'Hiver. Reconnaissable à ses longues robes blanches, elle porte aussi l'engagement, dénonçant l'antisémitisme dans sa chanson Israël, va-t'en (1934). Elle se retire de la scène dans les années 1950 et s'éteint à Monte-Carlo le 2 janvier 1994, à 93 ans.

Photo : Lys Gauty en 1934. Agence de presse Meurisse / Bibliothèque nationale de France (Gallica) / Wikimedia Commons, domaine public.